Le don de soi

Bonjour les amis,

Heureux est l’homme qui met sa foi dans le Seigneur. (Ps 39, 5a)

« Celui qui veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix chaque jour et qu’il me suive. »
En ce début de carême, nous sont proposés des textes exigeants. Hier, Jésus nous invitait à l’aumône, à la prière et au jeûne. Aujourd’hui il faut prendre sa croix à la suite de Jésus. Est-ce une ode, une glorification de la souffrance ? Evidemment, non. Il y a une autre manière de voir les choses. La croix est déjà présente dans notre vie, à travers les souffrances ou les épreuves que nous vivons ou tout simplement à travers notre fidélité quotidienne au Seigneur. Jésus, en se faisant homme comme nous, n’a pas choisi le chemin facile. Il souffert dans sa chair et dans son esprit du début à la fin de sa vie terrestre. Jésus n’est-il pas venu nous montrer que, ne pouvant résoudre le problème de la souffrance dans notre monde, conséquence du péché originel et de l’usage par l’homme de la liberté, il a choisi de nous y accompagner, de la vivre à nos côtés, de la porter avec nous  ?
Paul Claudel nous disait si bien : « Dieu n’est pas venu supprimer la souffrance. Il n’est même pas venu l’expliquer, mais il est venu la remplir de sa présence. »
Alors porter sa Croix c’est peut-être accepter, choisir, aimer cette vie qui est la nôtre, même en ce moment. C’est renoncer à râler, à nous plaindre de ce que nous n’avons pas et que nous voudrions. L’évangile du jour est un bel encouragement de Jésus ! Alors acceptons cette croix qui est la vraie vie, celle que Jésus nous promet,au ciel, mais aussi celle d’aujourd’hui.

« Je mets devant toi la vie ou la mort, la bénédiction ou la malédiction. Choisis donc la vie. » (Dt, 30, 19)
D’une autre manière, nous pouvons nous demander si nous devons nous résigner face à la souffrance ? Evidemment non mais quand elle est là, dans notre vie, deux attitudes sont possibles. L’une, choisir la vie : nous ouvrir à l’autre, au Seigneur qui veut nous accompagner dans ceux qui sont à nos côtés pour cheminer avec nous pendant nos épreuves, nous apportant le réconfort de leur présence, de leur attention, de leur tendresse. L’autre, choisir la mort : nous renfermer sur nous-mêmes et refuser toute aide, présence et réconfort. Faire ce choix n’est pas si évident que cela peut paraitre, car certaines épreuves sont si lourdes qu’elles nous empêchent de contrôler nos réactions et de faire le choix de la vie. Seul le fruit de la grâce peut nous aider à faire ce pas et à ouvrir les portes de notre cœur au Seigneur. La 1ère lecture du jour nous donne une piste pour cela : « Ce que je te commande aujourd’hui, c’est d’aimer le Seigneur ton Dieu, de marcher dans ses chemins. »
Dans nos épreuves, regardons et imitons le Christ lui-même qui, dans la souffrance, s’est laissé accompagner, de Marie, sa mère, de Simon, de Véronique et des femmes de Jérusalem.

Pour finir et en complément, nous vous proposons ce très beau texte du Pape François lors de son Audience Générale: la louange purifie l’âme dans les moments difficiles

«En pleine crise, Jésus bénit le Père, il le loue. Pourquoi?», s’interroge d’emblée le Souverain pontife. Avant tout il le loue pour ce qu’il est: «Père, Seigneur du ciel et de la terre», répond le Pape. En effet, Jésus se réjouit dans son esprit parce qu’il sait et il sent que son Père est le Dieu de l’univers, et inversement, le Seigneur de tout ce qui existe est le Père, «mon Père». «C’est de cette expérience de se sentir ‘’fils du Très-Haut’’ que jaillit la louange» en déduit l’évêque de Rome.

Dieu privilégie les petits
François esquisse une autre raison pour laquelle le Christ loue le Père: «car il privilégie les petits». C’est ce dont il fait lui-même l’expérience, en prêchant dans les villages: les «sages» et les «intelligents» sont suspicieux et fermés, tandis que les «petits» s’ouvrent et accueillent le message.
«Cela ne peut qu’être la volonté du Père, et Jésus s’en réjouit», affirme le Pape exhortant tous les fidèles «à se réjouir et louer Dieu» parce que «les personnes humbles et simples accueillent l’Évangile». Dans l’avenir du monde et dans les espérances des Eglises, il y a ainsi les «petits»: ceux qui ne se considèrent pas meilleurs que les autres, qui sont conscients de leurs limites et de leurs péchés, qui ne veulent pas dominer les autres, explique le Successeur de Pierre.

Louer Dieu quand le mal prévaut
Donc, en ce moment d’échec apparent, Jésus prie en louant le Père, poursuit le Pape, ajoutant ceci: «Et sa prière nous conduit aussi, nous lecteurs de l’Evangile, à juger de manière différente nos échecs personnels, les situations où nous ne voyons pas clairement la présence et l’action de Dieu, quand il semble que prévaut le mal et qu’il n’existe aucune façon de l’arrêter.»
A qui sert donc la louange? A nous ou à Dieu? François cite un texte de la liturgie eucharistique qui invite à prier Dieu de cette manière: «Tu n’as pas besoin de notre louange, et pourtant c’est toi qui nous inspires de te rendre grâce: nos chants n’ajoutent rien à ce que tu es, mais ils nous rapprochent de toi, par le Christ notre Seigneur» (Missel romain, préface commune IV).

Louange et béatitude des cœurs
La prière de louange nous sert donc à nous aussi. Le Catéchisme la définit ainsi: «Elle participe à la béatitude des cœurs purs qui l’aiment dans la foi avant de le voir dans la Gloire» (n. 2639).
De ce fait, paradoxalement, le Pape relève que la louange doit être pratiquée non seulement quand la vie nous remplit de bonheur, mais surtout dans les moments difficiles, «quand le chemin grimpe». «Parce que nous apprenons qu’à travers cette montée, ce sentier fatigant, ces passages difficiles, on arrive à voir un panorama nouveau, un horizon plus ouvert», insiste le Saint-Père, comparant l’acte de louer «à respirer de l’oxygène pur». «Louer purifie l’âme, fait voir loin, empêche de rester prisonniers des difficultés».

L’exemple des saints
Et le Pape François de prendre enfin exemple sur l’enseignement de saint François, le Poverello d’Assise, qui composa le «Cantique des créatures» au milieu des difficultés. François est presque aveugle, et il ressent dans son âme le poids d’une solitude qu’il n’avait jamais éprouvée auparavant Mais à cet instant, François prie : «Loué sois-tu, mon Seigneur…». François loue Dieu pour tout, pour tous les dons de la création, et aussi pour la mort, qu’il l’appelle avec courage «sœur», relève le Pape, concluant: «Les saints et les saintes nous montrent ainsi que l’on peut toujours louer, dans le bien et dans le mal, parce que Dieu est l’Ami fidèle, son amour ne manque jamais. Il est toujours proche de nous et nous attend. Il est la sentinelle qui se fait proche de nous, et nous fait avancer avec sûreté.»
Source : http://www.vaticannews.va

«Quel avantage un homme aura-t-il à gagner le monde entier, si c’est en se perdant lui-même et en le payant de sa propre existence?» (Lc 9,25). Cette dernière phrase de l’évangile du jour a déjà provoqué la conversion de nombreux saints, alors, pendant ce Carême, pourquoi pas nous ?

Belle prière à tous,
Nathalie et Pascal

Sources d’inspiration : https://www.regnumchristi.fr/ et https://app.decouvrir-dieu.com/

CHANT

Géthsémani

En ce jardin, je dépose ma vie Plus de chemin, la vérité me fuit Plus de matin, mais cette nuit vient où tout s’éteint
Perlent en mon cœur, gouttes de sang et d’eau Cette douleur, la peine est mon fardeau Quelle froideur, dans cette angoisse, dans cette peur

Père Eternel, Ouvre le Ciel Pour que Ta Grâce en moi Donne à toucher le Ciel Donne à goûter Ta Loi Et que Ta volonté soit faîte

En ce jardin, je n’ai plus rien Que le fardeau du monde Mon Dieu et si je tombe Que deviendra demain Mais que Ta volonté soit faîte En ce jardin

Agenouillé, le cœur d’effroi meurtri Là où coulait, le sang de l’agonie Touchant la terre, seul abandonné, dans ma misère
En ce jardin, où même mes amis Lâchant ma main, un à un m’ont trahi Mais dans mon cœur, à Gethsémanie, vit le Seigneur

PREMIERE LECTURE

« Vois ! Aujourd’hui je vous propose la bénédiction ou la malédiction » (Dt 30, 15-20

Lecture du Livre du Deuteronome

Moïse disait au peuple :
          « Vois ! Je mets aujourd’hui devant toi
ou bien la vie et le bonheur,
ou bien la mort et le malheur.
          Ce que je te commande aujourd’hui,
c’est d’aimer le Seigneur ton Dieu,
de marcher dans ses chemins,
de garder ses commandements, ses décrets et ses ordonnances.
Alors, tu vivras et te multiplieras ;
le Seigneur ton Dieu te bénira
dans le pays dont tu vas prendre possession.
          Mais si tu détournes ton cœur,
si tu n’obéis pas,
si tu te laisses entraîner
à te prosterner devant d’autres dieux
et à les servir,
          je vous le déclare aujourd’hui :
certainement vous périrez,
vous ne vivrez pas de longs jours
sur la terre dont vous allez prendre possession
quand vous aurez passé le Jourdain.
          Je prends aujourd’hui à témoin contre vous
le ciel et la terre :
je mets devant toi la vie ou la mort,
la bénédiction ou la malédiction.
Choisis donc la vie,
pour que vous viviez, toi et ta descendance,
          en aimant le Seigneur ton Dieu,
en écoutant sa voix, en vous attachant à lui ;
c’est là que se trouve ta vie, une longue vie
sur la terre que le Seigneur a juré de donner
à tes pères, Abraham, Isaac et Jacob. »
                        – Parole du Seigneur.

EVANGILE

« Celui qui perdra sa vie à cause de moi la sauvera » (Lc 9, 22-25)

Évangile de Jésus Christ selon Saint Luc

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Il faut que le Fils de l’homme souffre beaucoup,
qu’il soit rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes,
qu’il soit tué,
et que, le troisième jour, il ressuscite. »
Il leur disait à tous :
« Celui qui veut marcher à ma suite,
qu’il renonce à lui-même,
qu’il prenne sa croix chaque jour
et qu’il me suive.
Car celui qui veut sauver sa vie
la perdra ;
mais celui qui perdra sa vie à cause de moi
la sauvera.
Quel avantage un homme aura-t-il
à gagner le monde entier,
s’il se perd ou se ruine lui-même ? »

– Acclamons la Parole de Dieu : Louange à toi, Seigneur Jésus !

Méditation du Père Emmanuel Pic (RCF)

Ces paroles de Jésus ont alimenté une légende noire : celle d’un christianisme doloriste et morbide, qui prêche le culte de la souffrance pour obtenir le salut. Plus ça fait mal, plus ça fait du bien. Tout cela a été soutenu par les images sans équivoque d’un Christ en croix en proie aux plus grandes souffrances, par le culte des martyrs et l’insistance mise sur les raffinements de cruauté dont ils ont été victimes, et par l’idée tenace qu’on obtient son salut à force d’efforts sur soi-même et de sacrifices intimes.

Est-ce bien cela que veut dire Jésus quand il annonce sa mort à ses disciples ? Quand il leur demande de porter leur croix et de renoncer à eux-mêmes ? Nous le savons, Jésus n’a pas cherché à mourir de cette manière. Il a souvent prêché le don de soi comme idéal de vie humaine, mais dans le cadre de l’amour : quand il parle de tout donner, de donner sa vie, il ne parle ni d’héroïsme, ni de mort, il invente une nouvelle manière de parler de l’amour – aimer, c’est tout donner, et donc se donner soi-même. Quand on aime vraiment, ça va tout seul. Enfin, il ne demande pas à ses disciples de porter sa croix, mais de porter leur propre croix.

Inutile donc de chercher la souffrance : chacun a sa croix à porter, et c’est bien suffisant. Jésus a eu la sienne, elle a été lourde, mais il ne l’a pas choisie. La voie royale est celle de l’amour, chemin de bonheur par excellence.

Les paroles que Jésus prononce ici sont des paroles de sagesse. Elles nous disent que les difficultés, la souffrance, la mort, font partie de la vie, et que les nier ou chercher à tout prix à les éviter ne permettent pas de vivre dans la vérité. Elles nous disent que le chemin de vie humaine le plus authentique est celui qui consiste à découvrir ce qu’est l’amour : le don de soi à ceux qu’on aime.

Homélie du Père Maximin Noudehou

« Vois ! Je mets aujourd’hui devant toi ou bien la vie et le bonheur, ou bien la mort et le malheur. Ce que je te commande aujourd’hui, c’est d’aimer le Seigneur ton Dieu, de marcher dans ses chemins, de garder ses commandements, ses décrets et ses ordonnances. Alors, tu vivras et te multiplieras ; le Seigneur ton Dieu te bénira dans le pays dont tu vas prendre possession. »

Dieu fait appel à la liberté de choix de l’être humain. Le Salut ne lui est pas imposé. Il l’appelle à engager sa volonté et son discernement. Le Seigneur, par Amour pour l’homme, prend soin de l’éclairer. Car son discernement semble biaisé. L’insistance du Seigneur laisse deviner que l’homme prend plaisir à se fourvoyer et à laisser son cœur pencher vers la mort. Dieu lui indique le chemin à suivre : celui de la vie et du bonheur. Et ce chemin, c’est celui de l’amour envers Dieu dans la fidélité à sa Parole. Tout autre choix conduit à la mort.
Aujourd’hui encore, le Seigneur nous exhorte au vrai bonheur et à la vie. L’éclairage dont nous avons besoin nous est donné. Nous ne pouvons plus prétendre ne pas savoir. Aujourd’hui, nous avons à prendre nos responsabilités devant Dieu et devant l’histoire car nos choix engagent l’avenir de l’humanité déjà en ce monde et maintenant. Nous sommes d’une certaine manière, responsables des autres… Ce que nous faisons prospérer portera du fruit pour tous… Nous avons à tourner le dos à nos idoles. À chacun de les identifier… Aujourd’hui, il est de notre intérêt de reconnaître et de choisir le Seigneur.
Il est unique, le chemin de la Vie.
Sur quel chemin avances-tu ?

Seigneur, merci pour la lumière de ta Parole et pour ton Amour. Aujourd’hui, je choisis la vie et le bonheur : je Te choisis.

Notre Père

Notre Père qui es aux Cieux, Que ton nom soit sanctifié, Que ton règne vienne, Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donne-nous  aujourd’hui  notre  pain  de  ce  jour.
Pardonne  nous  nos  offenses,  comme  nous  pardonnons  aussi  à  ceux qui nous ont offensé.
Ne nous laisse pas entrer en tentation, mais délivre nous du Mal.

Délivre-nous de tout mal, Seigneur, et donne la paix à notre temps. Par ta miséricorde, libère-nous du péché, rassure-nous devant  les  épreuves  en  cette  vie  où  nous  espérons  le  bonheur  que  tu  promets  et  l’avènement  de  Jésus  le Christ,  notre  Sauveur.

Car c’est à toi qu’appartiennent, le règne, la puissance et la gloire, pour les siècles des siècles, Amen !

Seigneur  Jésus-Christ,  tu  as  dit  à  tes  Apôtres  :  « Je  vous  laisse  la  paix,  je  vous  donne  ma  paix ». Ne  regarde  pas  nos  péchés, mais la foi de ton Eglise. Pour que ta volonté s’accomplisse, donne-lui toujours cette paix, et conduis-la vers l’unité parfaite, toi qui règnes pour les siècles des siècles. Amen !

Prière à Marie





Je vous salue Marie pleine de grâce, le Seigneur est avec vous.
Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.
Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs,
Maintenant et à l’heure de notre mort.

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